dimanche 29 mars 2009
Radios
Les utilisateurs de Windows n'auront aucun mal à faire l’écoute, mais pour les pingouins ça peut nécessiter un petit détour. Sous Ubuntu la procédure est en tout cas très simple, avec le logiciel Totem qui se charge d’installer les codecs nécessaires à l’écoute.
vendredi 20 mars 2009
Le principe d'incertitude
腕時計
電子
観察
我家
Bonjour ! Je change un peu la formule et tranche dans le gras lexical pour sauver du temps, histoire de faire avancer plus rapidement d'autres projets. Bonne fin de semaine ou bon weekend à tous !
vendredi 13 mars 2009
L'usine à cerveaux
L'usine à cerveaux (脳髄工場) est le titre de la première nouvelle fantastique d’un recueil publié en 2006 dans la collection Horreur de poche Kadokawa (角川ホラー文庫). Nous avons déjà rencontré l'auteur, Kobayashi Yasumi (小林小林 泰三 sur Jets d'encre du Japon, dans le billet consacré à la nouvelle Le réparateur de jouets, sans toutefois vraiment le présenter.Né en 1962 à Kyoto, Kobayashi a fait des études universitaires supérieures en génie à l’Université d’Osaka. En 1995, il s'est fait connaître des lecteurs japonais en remportant les honneurs pour la deuxième édition du Grand Prix de la littérature d’horreur Kadokawa, catégorie Nouvelles, avec « Le réparateur de jouets ». Il a par la suite publié de nombreux textes de littérature fantastique et de science-fiction, dont un grand nombre sont publiés par la maison d’édition Kadokawa. Dans ses nouvelles, Kobayashi déploie avec adresse un style narratif où cohabitent souvent le grotesque et l’humour, accompagnés par moments de réflexions sur des questions d’éthique.
Tout en poursuivant sa carrière d'écrivain Jeunesse, Kobayashi travaille pour la firme Sanyo Denki, où il est chargé du développement de nouveaux dispositifs de communication mobiles.
Il regroupe onze nouvelles, dont une seule a été traduite à ma connaissance : C市 (traduite en anglais sous le nom C-City dans ce recueil de nouvelles fantastiques). La nouvelle qui m'intéresse toutefois principalement ici est celle qui a donné son nom au recueil, L’usine à cerveaux (pages 8 à 91).
L'usine à cerveaux
Afin d’enrayer la criminalité sous toutes ses formes, a été développé un cerveau artificiel qui s’implante dans l’encéphale pour contrôler les émotions. D’abord réservé aux criminels, ce cerveau artificiel présente de tels avantages pour la stabilité sociale et la fluidité des relations humaines que son implantation se généralise bientôt à l’ensemble de la population. Quelques individus s’y opposent toutefois, car ils craignent de perdre leur liberté de pensée. Parmi eux figure le personnage principal, un jeune garçon dont les déboires et malheurs, racontés par moments avec humour, le mènent finalement au cœur d’une étrange usine où deux vieilles femmes, Programma et Débogua, semblent avoir pris en main le contrôle de la destinée humaine via les cerveaux artificiels.
Comme dans plusieurs de ses nouvelles, Kobayashi ne donne pas de nom à ses personnages et ne précise pas l'emplacement de la scène, sinon par de vagues allusions qui peuvent parfois rappeler le Japon actuel ou évoquer un Japon à venir. Mais dans un cas comme dans l'autre l'action pourrait tout aussi bien se transporter en Occident sans avoir à subir la moindre modification. Le texte, d'ailleurs, ne présente que très rarement des difficultés insurmontables pour la traduction, et quand il le fait il s’agit davantage de difficultés « purement linguistiques » (par exemple, des onomatopées inexprimables en français) que de problèmes de traduction engendrés par d’infranchissables barrières sociales ou culturelles. Bref, à part Programma et Débogua, les protagonistes n'ont pas de nom dans L'usine à cerveaux. Le personnage principal est appelé le garçon, et les principaux personnages qui le côtoient au fil de l'histoire ont pour noms le père, la mère, l'ami, la jeune fille, le poseur de cerveaux et l'idiot.
Extraits
C’était une pièce métallique de forme irrégulière, grosse comme le poing, jaillissant de la tête entre le sommet du crâne et la tempe. L’objet s’élargissait à mesure qu’il s’éloignait de la peau du crâne, pour se terminer avec quelques cadrans en forme d’engrenages. Ces cadrans, qui émettaient des clignotements intermittents de sept couleurs, tournaient, s’arrêtaient, puis repartaient de plus belle à des vitesses variables.(...)
En se généralisant, le cerveau artificiel entraîna la disparition des déviants et donna naissance à une société où régnaient l’ordre et la paix. Comme il ne restait qu’un nombre extrêmement réduit de déviants, les moindres petits actes de déviation par rapport à la norme devinrent frappants. Les adultes qui essayaient de payer sans faire la queue au supermarché, les élèves qui étaient dans la lune au lieu d’écouter le professeur, les petits enfants qui coloriaient le soleil en jaune plutôt qu’en rouge, tous étaient considérés comme souffrant d’un léger déséquilibre cérébral et se voyaient implanter un cerveau artificiel.
(...)
De leur côté, les parents se mirent à bien observer leurs enfants : par rapport à la moyenne, commençaient-ils à parler trop tôt, ou trop tard ? Marchaient-ils trop tôt, ou trop tard ? Dans un cas comme dans l’autre, les parents soupçonnaient un déséquilibre des circuits dans le cerveau de l’enfant et faisaient aussitôt une demande d’implantation. De nos jours, la plupart des parents ne se donnent même plus la peine d’observer leurs enfants, préférant faire procéder à l’implantation immédiatement après la naissance. Le cerveau artificiel est devenu tellement commun que lorsque l’on emploie seulement le mot cerveau, il désigne en fait le cerveau artificiel.
(...)
— Je me dis toujours que, dans la vie de tous les jours, la mise à jour du cerveau est probablement l’expérience qui se rapproche le plus de la mort, dit le poseur de cerveaux comme s’il se parlait à lui-même. Par contre, comme je suis poseur de cerveaux, je ne vivrai sans doute jamais cette expérience.
— Vous ne vous ferez pas poser de cerveau quand vous aurez atteint l’âge de la retraite ?
— Tu sais, mon garçon, à force d’assister à ça tous les jours, ça m’a comme qui dirait enlevé l’envie...
Le deuxième texte qui, selon moi, vaut vraiment le détour dans ce recueil de 312 pages a pour nom 綺麗な子 (Belle enfant). Dans cette nouvelle fantastique futuriste, l’auteur décrit une société d’abondance et très avancée en matière d’intelligence artificielle, où les animaux robots (d’abord des chiens et des chats, puis ensuite toutes sortes de bêtes et de créatures imaginaires du folklore japonais) supplantent graduellement les véritables animaux domestiques, et où la pénible période de grossesse est épargnée aux femmes en confiant la gestation du fœtus humain à des truies.
Le succès commercial rencontré par les animaux robots incite bientôt les fabricants à mettre aussi sur le marché des bébés et des enfants robots. Ceux-ci se vendent alors si bien que la société — qui n’est pas sans rappeler le Japon actuel aux prises avec le vieillissement de sa population — ne se compose bientôt plus que de vieillards humains et de jeunes robots. La belle enfant est l’un de ces robots, mais les concepteurs ont oublié un petit détail quand ils l’ont programmée...
Extrait
— Mais c’est un meurtre, non ?
— Non, maintenant c’est légal jusqu’à l’âge de sept ans. Et c’est tout à fait normal, quand on y réfléchit. Neuf mois de grossesse, c’est bien trop court pour prendre une décision aussi importante que celle d’élever ou non un enfant. Et la procédure est très simple : il suffit d’amener l’enfant au service de santé publique et de dire qu’on n’en veut plus.
Finalement, il faut mentionner la très courte nouvelle qui s’intitule 停留所 (L'arrêt d'autobus). Dans ce court texte en forme de clin d’oeil fantastique, un homme monte sans le savoir dans un autobus fantôme où il entend des histoires d’horreur racontées par des enfants assis derrière lui. Il écoute ces histoires de meurtre et d’épouvante d’une oreille distraite, sans se douter que la dernière l’impliquera personnellement et que sa vie se jouera au moment précis où il descendra de l’autobus, au prochain arrêt.
Extrait
Puis, alors que Kishita l’accompagnait en rechignant, l’amie lui lança qu’il fallait appeler la police.
— Il y a un homme sous ton lit !
Lorsque les policiers pénétrèrent dans la chambre, l’homme n’y était plus mais ils trouvèrent sous le lit des résidus de nourriture et des vieux journaux qui semblaient indiquer qu’il avait habité là pendant des mois.
*****
J’espère que ces quelques extraits vous ont plu. Tout comme j’espère que la présentation de courts extraits sur ce blog ne constitue pas une violation des droits d’auteur !
Côté lectures en français, j’ai découvert un très beau roman par le biais d’un blog québécois, Soleil d’encrier. L’auteure — on féminise au Québec — a pour nom Julie Gravel-Richard et se spécialise dans la littérature grecque et latine. D’où son très beau roman Enthéos, que j’ai dévoré en quelques heures. Comme le dit Julie la vérité est dans l’œil de celui qui regarde, alors j’ose : Enthéos est un roman où on parle d’amour, de religion et de mythologie, de vie et de mort, un peu du monde universitaire québécois, et par-dessus tout de la curiosité intellectuelle et de la soif de vivre. Un roman souvent triste qu'on referme toutefois avec un sourire pensif...
jeudi 5 mars 2009
Chien aérodynamique
Tenez-vous bien, nous faisons un bond d’une année en arrière aujourd'hui, avec un épisode publié le 24 février 2008 sur le thème de l'aérodynamisme.© 瀬川びき様の許可を得て掲載しております。
© Reproduction sur Jets d’encre du Japon autorisée par l’auteur.)
Vocabulaire principal
流線形
強風
散歩
砂ぼこり = voir 砂埃
前
進む
平気
見る
楽チン = voir 楽ちん
時々
噴射
風上

- Case 1 : 進めん = 進めない
- たったったったった Trot
- びゅ〜〜〜 Bruit du vent
Mots qui passent et mots qui trépassent自転車ツーキニスト (じてんしゃつーきにすと)Ce néologisme, encore une fois de type nippo-engrish, est composé des mots 自転車 (vélo) et 通勤 (se rendre au travail), auxquels on a ajouté le suffixe anglais "ist". Le jitenshatsūkinisuto est donc une personne qui se rend au travail à vélo.
mardi 3 mars 2009
Zèle de façade
Dans son épisode du 27 février, Segawabiki nous amène avec lui au METI (Ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie).© 瀬川びき様の許可を得て掲載しております。
© Reproduction sur Jets d’encre du Japon autorisée par l’auteur.)
Vocabulaire principal
経産省
身分証明書
お願いします
免許
初雪
荷物
検査
大変
開ける
音
結構
形
役人
根性
浸透
早く
意(意味)

- J'ai laissé le ム et le ダ de ムダ(無駄)sur les visages dans la case 4, et j'ai intégré le sens (inutile) dans la phrase juste au-dessus, en le soulignant.
- J'en profite pour préciser que la traduction proposée n'est jamais littérale. J'essaie de trouver un juste équilibre entre la formulation initiale en japonais et une version française intelligible. C'est pour cette raison que j'ai traduit 「形だけ」の役人根性 par "zèle de façade des fonctionnaires". Pour la même raison, on ne trouve pas "son de la fermeture-éclair que j'ouvre" dans la version française... ça ferait un peu lourd (sans parler du manque de place dans la case). Enfin, je me suis légèrement écarté du véritable sens de 浸透 (celui des dicos), puisque si le zèle en question envahit la fonction publique, c'est qu'il le pénètre profondément.
lundi 2 mars 2009
Règlements sur mesure
久しぶり!Désolé de cette longue absence, j'ai d'autres projets à réaliser en parallèle et ça me tient un peu occupé. Nous reprenons aujourd'hui avec un épisode plus récent, publié le 26 février. Segawabiki s'y étonne du goût très prononcé pour les règlements dans les entreprises japonaises.© 瀬川びき様の許可を得て掲載しております。
© Reproduction sur Jets d’encre du Japon autorisée par l’auteur.)
Vocabulaire principal
作る
服
着る
柔軟性
全く
動く
理解
不能
De tout et de rien
Si vous possédez une DS Lite et voulez l’exploiter pour l'étude du japonais, essayez le jeu éducatif なぞっておぼえる大人の漢字練習. Ce petit logiciel d'une efficacité redoutable permet de pratiquer la lecture et l'écriture du japonais à peu près n'importe où, à son propre rythme. Pour vous faire une idée, jetez un coup d'œil aux démonstrations vidéo, ici.
Toujours à propos de la DS Lite, j'ai aussi "découvert" grâce au blogueur Alex un petit bidule démoniaque qui permet (entre autres choses) de transformer la machine en bibliothèque virtuelle. Il s'agit de la carte R4 Revolution for DS, connue sous le nom マジコン en japonais. Il paraît qu'on la trouve sans peine à Akihabara — dixit Alex — mais je l'ai commandée en ligne ici et l'ai reçue le lendemain par Sagawa Kyūbin. Elle venait avec une carte mémoire micro-SD de 2 Go et un adaptateur USB. Tout est déjà installé et prêt pour l'utilisation, mais il est préférable de télécharger ensuite le logiciel gratuit dslibris pour un plus grand confort visuel à la lecture. Ne reste plus qu'à se rendre sur Ebooks libres et gratuits pour télécharger des livres en français ou sur Aozora Bunko pour des textes en japonais. Petit hic : dans un cas comme dans l'autre, il faut exporter les fichiers en format xhtml sur votre ordinateur avant de pouvoir les lire sur la DS Lite avec dslibris, mais cette conversion est un jeu d'enfant, en principe, avec des logiciels gratuits comme OpenOffice et Abiword.


